Journal of Water and Environmental Sciences, Vol 3 (2019)

PALÉORIVAGES, DUNES CÔTIÈRES ET OCCUPATIONS HUMAINES À L’EMBOUCHURE DE L’OUED TAMRI, MAROC ATLANTIQUE, AU PLÉISTOCÈNE SUPÉRIEUR (SIM 5)

Abderrahmane OUAMMOU, André WEISROCK, Sanda BALESCU, Abdelhadi EL OUAHIDI, Bassam GHALEB, Gilles GUERIN, François HARDY, José MANGAS-VIÑUELA, Salah ABDESSADOK, Abdessamad CHARIF, Louis ROUSSEAU, Michel LAMOTHE, Christophe FALGUERES

Abstract


A l’embouchure de l’oued Tamri, rive gauche, un paléorivage de faciès marin et fluvio-marin (unité U1) culmine aux environs de + 6m a.s.l. Une coquille marine de Patella sp. prélevée dans cette unité U1 (faciès marin) a été datée 100,02 ± 1,662 ka et 101,188 ±  1,339 ka par la méthode U/Th (SIM 5.3). La dune surincombante (série Sx) a été datée par OSL 84 ± 4 ka (SIM 5.1). A Tighrine Imksawne, à 200 m au Sud de l’embouchure, ce paléorivage est surmonté d’une séquence de dépôts dunaires et colluviaux de plus de 20 m d’épaisseur. Ces derniers renferment plusieurs paléosols rubéfiés interstratifiés et des encroûtements, témoins de périodes humides et de ruissellements, qui permettent de distinguer trois unités principales (unités U2, U3, U4) :

(U2), unité d’accumulation interdunaire inférieure, où dominent les faciès détritiques continentaux de colluvionnement/ruissellement, avec de nombreux Hélicidés et de rares témoins d’outillage lithique.

 (U3), unité d’accumulation éolienne moyenne, à séries dunaires encroûtées, où la série (S5) a été datée par OSL 92 ± 6 ka (SIM 5.3 ou SIM 5.2), et où le paléosol rubéfié (S6) a fourni une industrie à proto-hachereaux.

 (U4), unité d’accumulation éolienne supérieure à séries friables, séparée de la précédente par une paléo-surface encroûtée (S6/S7) à industrie probablement épipaléolithique, et où des coquilles d’œufs d’Autruche de la série (S8) sont datées par radiocarbone à plus de 30 ka. BP

Les analyses géomorphologiques, sédimentologiques et pétrographiques aboutissent à un modèle sédimentaire d’accumulation de pied de falaise morte qui permet de répondre aux contradictions apparentes entre la position de l’industrie lithique et des datations.