Revue Marocaine de Santé Publique, Vol. 8, No 12 (2021)

Sécurité des injections dans les Hôpitaux Généraux de Référence de la ville province de Kinshasa, RD Congo.

Jean-Marie Mukiese Nlunda

Résumé


La sécurité des injections demeure une préoccupation de santé publique et environnementale. Elle repose sur de bonnes connaissances, pratiques adéquates dont la réduction du nombre d’injections et la bonne gestion des déchets qui en résulte. Cette étude visait à évaluer les connaissances, attitudes et pratiques des prestataires de santé sur  la sécurité des injections dans les hôpitaux généraux de référence.

Méthodes 

Une enquête transversale descriptive a permis, par un questionnaire et grille d’observation, de collecter les données sur les connaissances, attitudes et pratiques des 363 prestataires dans  13 hôpitaux généraux de référence de Kinshasa. Les fréquences, proportions, moyennes, écart-types ont permis de décrire l’échantillon de l’étude.

Résultats

Des 363 prestataires de santé interviewés, 77 (21,2%) avaient une bonne connaissance des risques d’injections non sécurisées; 254 (70%) savaient que les injections non sécurisées pouvait transmettre le VIH, le VHB et le VHC; 95% (n=209) d’infirmières et 90% (n=50) de médecins avaient la perception que la pratique d’injections était exagérée dans leurs formations sanitaires. La réutilisation des seringues et aiguilles a été rapportée par 60,8% (n=306) des prestataires. Un taux de 66,1% (n=306) des prestataires ré-capuchonnaient les aiguilles à deux mains et 39,1% (n=363) avaient connu au moins une piqûre accidentelle par aiguille les 12 derniers mois. Dans les services, 92% des poubelles contenaient des déchets non triés; 257 (84%) prestataires travaillaient dans un environnement immédiat moins bio-sécurisant ; 11 (84,6%) des zones de déchets n'étaient pas sécurisées et 12 (92,3%) étaient mal entretenues. Seulement 5 (1,4%) des prestataires  avaient reçu au moins une dose de vaccin contre l'hépatite B. Seules 5 (1,8%) des 277 injections observées étaient conformes aux normes de l'OMS.

 Conclusion 

Très peu d’injections sont sécurisées dans les hôpitaux généraux de référence de Kinshasa. La promotion de la politique  et normes sur la sécurité des injections permettrait d’améliorer la situation actuelle.

ABSTRACT

Background

Injection safety remains a public health and environmental concern. It is based on good knowledge, appropriate practices including reducing the number of injections and good waste management that results from injections. The purpose of this study was to assess the knowledge, attitudes and practices of health-care workers about injection safety.

Methods

Based on a questionnaire and an observation grid, a descriptive cross-sectional survey allowed data collection on the knowledge, attitudes and practices of 363 health care workers of 13 general reference hospitals in Kinshasa. The data collected was analyzed on SPSS. Frequencies, proportions, means, medians, standard deviations were used to describe the sample of health-care workers.

Results

A total of 363 Health-care workers were interviewed, of whom, 77 (21.2%) had good knowledge on key safety injection issues; 254 (70%) knew that an unsafe injection can transmit HIV, HBV and HCV; 95% (n=209) of nurses and 90% (n=50) of doctors had the perception that the practice of injection is exaggerated in their health facilities. Reuse of used syringes and needles was reported by 60.8% (n=306) of Health-care workers. A rate of 66.1% (n=306) reshuffled needles with both hands and 39.1% (n=363) had experienced at least one needle stick injury in the last 12 months.  In the services, 92% of bins found contained unsorted waste; 257 (84%) health provider worked in a poor bio-security surrounding; 11 (84.6%) of the waste areas were unsecured and, 12 (92.3%) poorly maintained. Only 5 (1.4%) of health-care workers had received at least one dose of the hepatitis B vaccine while, only 5 (1.8%) out of 277 injections observed were consistent with WHO standards of safe injections.

 ConclusionUp to day, very few injections are safe in general reference hospitals in the city of Kinshasa. Promoting injection safety policy and safety standards would improve injection safety.

 

Résumé