Situation de la gouvernance au Maroc : Diagnostic et évaluation Par
Résumé
L’adoption d’une stratégie nationale de développement économique au Maroc est freinée par deux contraintes majeures : une gouvernance économique dysfonctionnelle et un manque de culture économique flagrant, sur fond d’économie politique très restrictive. Ce contexte, à notre avis, est suffisant pour expliquer l’adoption de politiques publiques ad hoc, souvent contradictoires, rarement coordonnées et trahissant un manque de clarté quant à l’ambition économique nationale. Il est ainsi tout à fait logique que la performance économique du Maroc corresponde à cet état de fait : une croissance erratique, dépendante du contexte extérieur et de la pluviométrie, et en tout état de cause insuffisante pour projeter le Maroc sur une trajectoire de croissance de type asiatique, permettant d’envisager la transformation du Maroc en pays à revenu intermédiaire élevé en l’espace d’une génération. Même si le constat reste alarmant, il faut souligner les progrès réalisés en termes de qualité des décideurs publics. Au total, et en comparant le Maroc avec d’autres pays émergents, on trouve dans notre pays des dirigeants publics et privés de formation comparable à celle de pays de l’OCDE. Néanmoins, le décollage économique est moins souvent une affaire de personnes que de système institutionnel et de travail de coordination des politiques publiques : c’est un processus. Or même des individualités brillantes ne peuvent corriger les défauts d’un système économique bloqué et archaïque.