Pouvoir et Médias
Résumé
Le « pouvoir » et les « médias » sont deux expressions généralement associées tout en étant potentiellement conflictuelles. Les premières études sur les effets des médias – essentiellement sous les régimes totalitaires - réalisées dans les années 1940 et 1950 ont accordé aux médias un pouvoir quasiment illimité pour modeler les consciences et générer des émotions chez les récepteurs. Ces analyses ont été regroupées sous le paradigme des effets puissants. Dans les pays démocratiques, considérés comme un quatrième pouvoir, les médias sont à la fois convoités et redoutés. La puissance de la télévision comme vecteur de l’information et du débat démocratique modèle durablement le mode de production de la politique. De même, le mythe du «journalisme d’investigation», libre de tout pouvoir et de toute limite structure, marque profondément l’ensemble des médias. Mais, Depuis une quinzaine d’années, à mesure que s’accélérait la mondialisation libérale, ce « quatrième pouvoir » a été vidé de son sens, il a perdu peu à peu sa fonction essentielle de contre-pouvoir. Préoccupés surtout par la poursuite de leur gigantisme, qui les contraint à courtiser les autres pouvoirs, ces grands groupes ne se proposent plus, comme objectif civique, ce qui a permis l’émergence d’un « cinquième pouvoir » qui utilise les nouvelles technologies d’internet pour opposer une force civique et citoyenne contre la nouvelle coalition des dominants.