Infections urinaires nosocomiales liées au sondage urinaire
Résumé
Introduction : Elles sont les plus fréquentes et occupent encore 65 % à 80 % des infections nosocomiales dans le monde, malgré les efforts de lutte fournis par les autorités sanitaires. En Afrique, sur un taux d’infection de 46,7% de ces infections, 43% sont dus au sondage. Au Maroc, il y a un taux d’incidence de 13,4% avec un taux de bactériurie nosocomiale de 7,5 % chez des patients sondés et un taux de colonisation nosocomiale de 6,5%. D’où l’intérêt de ce travail qui a pour objectif de décrire les facteurs de risque de ces infections.
Matériel et méthodes : il s’agit d’une étude descriptive, prospective, qualitative et quantitative moyennant comme outils de collecte un questionnaire destiné à 35 personnes qui participent à ces actes ; des entretiens auprès de 4 médecins spécialistes et l’étude de 30 dossiers des patients traités aux services d’urologie et de réanimations.
Résultats et discussion : Cette étude a montré que les facteurs de risque liés à ces infections sont l’âge avancé des patients, la mauvaise hygiène et les antécédents pathologiques tels que l’infection urinaire, la prostate, la lithiase et le diabète. A cela s’ajoutent l’organisation des soins tels que le manque de supervisions formatives, la non notification des patients sondés et la charge de travail du personnel. Aussi il en ressort de cette étude, 33% du personnel n’a pas reçu de formation en matière de cette technique, alors qu’il existe deux fois plus de bactériuries quand la sonde est posée par un personnel qui n’est pas spécifiquement formé.
Conclusion : La conjugaison des résultats nous a permis de prédire les facteurs de risque de l’infection urinaire liée au sondage, et de proposer des mesures correctives et préventives ; (a) de mettre en place des unités chargées de l’information , éducation et communication pour l’encadrement des patients ; (b) de renforcer l’équipe de soins afin de réduire la charge de travail imputée à celle-ci ; (c) de veiller au respect des protocoles.