Maroc Médical, Vol. 35, No 2 (2013)

Prescription des médicaments génériques : Quelles contraintes ?

S. Derraji, S. Lemkeddem, S. Serragui, Y. Cherrah

Résumé


Introduction : Les médicaments génériques sont des copies des médicaments originaux et leur essor au Maroc n’est pas aussi rapide que prévu tant que l’adhésion des prescripteurs, levier essentiel au développement de ces médicaments n’est pas acquise. Le présent travail s’est voulu décrire les contraintes qui sont derrières cette hésitation envers la prescription de ces produits au niveau des hôpitaux publics de la Wilaya Rabat/Salé.

Matériel et méthodes : Un questionnaire a été distribué auprès de 91 médecins spécialistes, soutenue davantage par les résultats des entrevues auprès des responsables au niveau du laboratoire National de contrôle des médicaments et la Direction de la pharmacie, les responsables des pharmacies hospitalières ainsi que les délégués médicaux.

Résultats : Parmi les résultats saillants de l’étude, furent le jugement de la qualité des médicaments génériques car 83% des médecins soupçonnent leurs qualités, et 75% pensent que l’exigence de l’étude de la bioéquivalence est une condition essentielle pour prouver la qualité des génériques. Aussi 75% des participants jugent que les génériques présentent des risques potentiels suite à leurs utilisation et même des échecs thérapeutiques pour 82% d’entre eux. En effet seulement 21% déclarent qu’ils optent pour leurs prescriptions, tout en affirmant avec un taux de 80% qu’ils n’adhérent pas à la stratégie du Ministère de la santé en la considérant comme étant une atteinte à leurs liberté professionnelle.

Discussion : Les résultats de cette étude mettent en évidence les éléments clés sur lesquels devrait s’appuyer la politique pharmaceutique Nationale si l’on veut assurer un usage rationnel des médicaments et augmenter la prévalence de leurs prescriptions.

Conclusion : La politique des génériques est la résultante de nombreux facteurs et paramètres, ainsi que l’action des différents acteurs de la santé sans oublier le consommateur. Réussir une telle politique consiste à faire converger tous ces éléments et actions vers les besoins du malade sans léser les intérêts des différentes parties.