Reconstruction de la lèvre inferieure par lambeau de Karapandzic
Résumé
Introduction : L’étiologie principale des pertes de substance de la face est l’exérèse de tumeurs cutanées. La reconstruction labiale ou chéiloplastie peut faire appel à plusieurs techniques. Le lambeau de Karapandzic offre une bonne couverture de ces pertes de substances tout en obéissant à des impératifs esthétiques et fonctionnels.
Observation : Il s’agit d’un patient de 67 ans, présentant un carcinome spinocellulaire de la lèvre inférieure mesurant 4,5cm × 4cm. L’exérèse respecte une marge de 1cm. Un lambeau bilatéral de rotation dont les incisions cutanées sont parallèles aux bords libres des lèvres et de largeur égale à la hauteur de la perte de substance a été réalisé. Une contre-incision courte sur le versant muqueux permet une meilleure avancée des lambeaux. Ces derniers sont suturés l’un à l’autre et aux berges de la perte de substance. Les suites opératoires sont simples. Les résultats esthétiques et fonctionnels sont très satisfaisants avec un recul de 6 mois.
Discussion : C’est une technique de choix pour cette reconstruction parce qu’elle se plie à des principes qui sont à la fois d’ordre fonctionnel, morphologique et esthétique. Elle respecte les vaisseaux : artère faciale coronaire et les branches sensitives et motrices du lambeau musculo-cutané prélevé afin d’obtenir un sphincter buccal efficace immédiatement. L’ouverture buccale reste satisfaisante grâce à l’élasticité des tissus du lambeau. La commissuroplastie secondaire n’est pas systématique. Le plus souvent, l’incision siège dans le sillon naso-génien à la partie basse et remonte plus ou moins haut selon la taille de la perte de substance. La limite supérieure de l’incision siège à quelques millimètres sous le seuil narinaire.
Conclusion : Le lambeau de Karapandzic permet de reconstruire la lèvre inférieure après exérèse tumorale avec de très bons résultats tant sur le plan fonctionnel, morphologique qu’esthétique.