Maroc Médical, Vol. 34, No 3 (2012)

Leucémie aigue myéloïde et grossesse

FE. Boufarissi, I. Tazi, L. Mahmal

Résumé


Introduction : C’est une entité clinique rare d’incidence évaluée à une grossesse pour 100000. L’enjeu est de prévoir un schéma thérapeutique bénéfique pour la mère tout en limitant les effets toxiques pour le foetus.

Observation : Patiente de 27 ans, enceinte de 32 semaines d’aménorrhée ; présente un syndrome d’insuffisance médullaire complet. Le bilan biologique a objectivé une leucémie aigue myéloblastique type 2. La conduite à tenir était le déclenchement de l’accouchement par voie basse sous couverture de transfusion en culot globulaire et plaquettaire donnant naissance à un nouveau né bien portant. Une chimiothérapie selon le protocole AML03 a permis une rémission complète de la maladie.

Discussion : La grossesse n’a pas d’incidence sur l’évolution de la leucémie aigue myéloblastique. Le taux de rémission et le taux de survie à 6 et à 12 mois sont comparable chez les femmes en âge de procréer, quelles soient enceinte ou non. Le traitement est le même que celui utilisé chez les patientes non enceinte. La leucémie, elle, a des conséquences sur la grossesse. Le nombre de retard de croissance intra-utérin, de fausses couches spontanées et d’accouchement prématurés est plus élevé chez les patientes non traitée. De plus les traitements hématologiques, bénéfique pour la mère, sont tératogène.

Conclusion : Durant le premier trimestre, l’interruption de grossesse doit être discutée en raison des conséquences de la chimiothérapie sur le fœtus. Alors qu’au cours du deuxième ou troisième trimestre elle peut être administrée sans interruption de grossesse.