Les kératites amibiennes
Résumé
Introduction : C’est une affection au pronostic redoutable dont le traitement est difficile particulièrement à un stade avancé pouvant entrainer la perte de l’oeil. La précocité de la prise en charge conditionne ainsi le pronostic visuel final.
Matériels et Méthodes : Notre but est d’en étudier les facteurs de risque, les caractéristiques cliniques, diagnostiques et thérapeutiques à propos de 5 cas pris en charge dans notre service entre juillet 2007 et novembre 2011.
Résultats : Tous les patients étaient référés en deuxième ou troisième intention. Il s’agit de 3 femmes et de 2 hommes d’un âge moyen de 38,5 ans admis pour abcès de cornée dans 3 cas et pour une kératite pseudodendritique dans 2 cas. Les facteurs de risque retrouvés étaient: le port de lentilles de contact dans 2 cas, la contamination par eau souillée dans 2 cas et dans un cas le bilan biologique a révélé un diabète méconnu. Le prélèvement cornéen a permis l’isolement d’amibes de type Acanthamoeba dans 3 cas et dans 2 cas le diagnostic a été fait par Polymerase Chain Reaction (PCR). Tous les patients ont bénéficié d’un traitement antibiotique à large spectre et d’hexamidine, le ketoconazole a été associé dans 3 cas et le PolyHexaMéthylène Biguanide (PHMB) dans 1 cas. L’évolution a été marquée par une panophtalmie et phtyse du globe dans 1 cas, une opacité cornéenne avec néovascularisation dans 2 cas justifiant une greffe de cornée. La régression avec récupération ad integrum a été observée dans les 2 cas de kératite épithéliale.
Discussion : L’incidence de la kératite amibienne est variable d’un pays à l’autre entre 0,15 et 1,4 par million d’habitants. Les amibes du genre Acanthamoeba sont des protozoaires ubiquitaires qui sont saprophytes de l’environnement aquatique commun (piscines,rivière, eau courante…), de l’air et des substances telluriques. Les lentilles cornéennes sont encore responsables de la majorité des cas (2 cas) malgré la connaissance maintenant bien établie de ce facteur de risque majeur et de ses moyens de prévention notamment une hygiène rigoureuse concernant l’entretien des lentilles de contact. Le traitement médical est décevant dans les formes très évoluées (3 cas). La gravité de cette affection justifie un traitement probabiliste anti-amibien efficace en cas de doute diagnostique en particuliers chez les porteurs de lentilles de contact.
Conclusion : Il s’agit d’une affection sévère qui met en jeu le pronostic visuel de l’oeil atteint. Un diagnostic et un traitement précoce sont essentiels pour préserver au mieux la fonction visuelle.
Mots-clés
Texte intégral :
PDFDOI: https://doi.org/10.48408/IMIST.PRSM/mm-v34i4.2219
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