Satire musicale et nouvelles formes d’expression des mouvements citoyens au Cameroun : esquisse d’analyse des textes musicaux de Valsero et Dimaï

Auteurs-es

  • Idrissou MOUNPE CHARE Doctorant Universités de Maroua et de Liège

Mots-clés :

Cameroun, satire musicale, répression, Valsero, Dimaï

Résumé

Après l’indépendance, les formes visibles d’engagement (surtout politique)
étaient conduites du haut, à travers le parti unique qui constituait un véritable
cadre de contrôle social. Les luttes de libéralisation politique ainsi que l’élection
présidentielle controversée de 1992 ont suscité des vagues de mobilisations
favorisées par la loi n° 90/55 du 19 décembre 1990 portant sur le régime des
réunions et manifestations publiques. Mais à l’observation, il se dégage un fossé
entre cette loi et sa mise en pratique ayant pour conséquence, l’interdiction ou
la répression des mobilisations sociales et politiques de rue surtout lorsqu’elles
ne sont pas favorables au parti au pouvoir en place. Les travaux sur la fin des
manifestations ou la démobilisation collective au Cameroun mettent en exergue
ce système répressif. Cet état de chose, loin de mettre un terme aux
mobilisations et expressions citoyennes, les reconfigure plutôt. Cet article fait un
retour sur une forme de mobilisation à travers la mise en musique des
frustrations collectives par deux artistes retenus ici à savoir Valsero et Dimaï. Ce
travail montre que la protestation ou satire musicale est la voie des « outsiders »
face à un système répressif qui impose le raffinement des registres de
participation. Les paradigmes de « la frustration relative » et de la « mobilisation
des ressources » permettent d’analyser ces modes d’action comme réaction aux
frustrations sociales permanentes mais qui laissent percevoir une certaine
spécialisation des modes opératoires.

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Publié-e

21-12-2023