Critique économique, No 27 (2011)

Le modèle d’équilibre des actifs financiers : une approche intertemporelle du bêta. Cas de la bourse de Casablanca

Abdelhamid El Bouhadi

Résumé


Dans ce papier, nous testons la sensibilité, à travers la variabilité au cours du temps du risque systématique (bêta),des rentabilités des valeurs les plus actives et celle des indices sectoriels de la bourse de Casablanca par rapport à deux portefeuilles-proxy,MASI et MADEX.Cette étude est faite dans le cadre de deux modèles : le MEDAF standard et le modèle de Schwert-Seguin (1990) qui tient compte de la volatilité conditionnelle du portefeuille-proxy. Les résultats obtenus dans le cadre du premier modèle corroborent largement les hypothèses du MEDAF: une diversification d’un portefeuille basée sur la sensibilité de la rentabilité d’un titre (ou d’un indice sectoriel) par rapport à celle de l’indice de référence mesurée par le bêta peut conduire à la réduction ou l’élimination du risque spécifique inhérent au titre. Dans le cadre du second modèle et en se référant aux valeurs négatives de delta, la volatilité du marché oriente le risque systématique des valeurs et indices retenus différemment. Ceci prouve que les résultats dans leur ensemble mettent en quelque sorte de l’ombre sur le reflet de l’information pertinente du marché dans les prix.Les résultats prouvent une certaine opacité et une certaine anomalie informationnelles du marché.En effet,ces mêmes résultats confirment que le risque systématique peut être sous-estimé. Il en découle que le placement boursier peut avoir des conséquences imprévisibles sur l’utilité espérée des investisseurs. A l’opposé des résultats intuitifs obtenus par Schwert-Seguin, le risque lié à l’investissement dans des valeurs « blue ships » à la bourse de Casablanca, ne doit en aucun cas être sous-estimé.