L’après consensus de Washington : institutionnaliste et systémique ?

Robert Boyer

Résumé


Pourquoi les recherches sur le développement, marquées par l’opposition entre nécessité de l’intervention étatique et caractère autorégulateur du marché, ont-elles débouché, à la fin des années quatre-vingt-dix, sur une synthèse prônant une approche systémique et la prise en compte des institutions et du politique ? Au plan des idées, le succès même des théories de l’équilibre général a fait ressortir les nombreuses limites et failles du marché. Parallèlement, les problèmes de coordination, les externalités, les interactions sociales ont pu être incorporés au sein de formalisations s’appliquant tant aux pays développés qu’aux pays en voie de développement. En pratique, l’échec des stratégies fondées exclusivement soit sur l’État soit sur le marché, les difficultés de l’établissement du marché et de la démocratie dans l’Europe de l’est, enfin la montée des doutes concernant la pertinence et l’universalité du consensus de Washington ont montré la nécessité d’une approche plus tempérée du développement. C’est une invitation à la recherche d’une grammaire permettant de conjuguer ordre constitutionnel, institutions, organisations, routines, règles et conventions.


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DOI: https://doi.org/10.48409/IMIST.PRSM/ce-n6.2697