Responsabilité sociale de l’entreprise et critère de gestion
Résumé
La réflexion concernant le thème de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) comprend deux volets. D’un côté, expliquer l’avènement de discours et de pratiques nouvelles regroupés sous le vocable « RSE » et leur fonction; et de l’autre, analyser dans quelle mesure le critère de profit doit être abandonné par la firme qui entend être socialement responsable et par quoi il pourrait être remplacé. Cet article porte sur ce second volet.
A partir d’une analyse critique des termes actuels du débat considéré, il y est fait état, si ce n’est d’un nouveau critère de gestion, du moins d’une autre conception du critère que certains proposent pour la firme socialement responsable, celui de « valeur partenariale » mesurant la valeur créée par la coopération des parties prenantes de la firme, en considérant qu’il doit remplacer la « création de valeur pour l’actionnaire ». Ce changement de conception de la valeur partenariale procède d’un abandon de la théorie de la firme comme noeud de contrats entre partenaires (stakeholders) au profit d’une théorie historique et institutionnelle. On passe ainsi de la valeur partenariale conçue comme une rente à la valeur partenariale conçue comme une productivité économique globale. Cette dernière n’est plus considérée comme un objectif qu’il s’agirait de maximiser, mais comme un critère analytique ; autrement dit, un outil au service d’une gestion socialement responsable dont la principale caractéristique est de devoir concilier un ensemble d’objectifs distincts. Pour autant, une telle gestion ne peut se réduire à sa dimension d’ordre économique, ce à quoi se limite la productivité économique globale.
Ce nécessaire débordement de l’économique n’est pas traité dans cet article. Il sera seulement évoqué en conclusion.
Texte intégral :
PDFDOI: https://doi.org/10.48409/IMIST.PRSM/ce-n20.1533