Penser la Violence

Ahmed El Mossadak

Résumé


Il est difficile de cerner, dans un contexte aussi mouvant qu’aléatoire, l’essence d’un phénomène aussi complexe et préoccupant que celui de la violence. L’étude de la violence et de ses causes est une entreprise ardue, délicate à appréhender dans sa globalité tant ses manifestations sont multiples, et polymorphes et tant qu’elle touche indifféremment et sans distinction les différentes structures sociales.

Aujourd’hui, il n’existe plus de frontières aux menaces et de toute évidence la violence prend continuellement de nouveaux visages en devenant protéiforme dans ses origines et dans ses conséquences. Le sentiment d’insécurité se manifeste de plus en plus et la principale donne renseigne sur l’évolution capitale de la société moderne sous le libellé de «la société du risque ». On serait passé sous l’emprise de la peur, «d’une valorisation du risque individuel à la peur des risques collectifs ». C’est «la forme moderne de l’événement» selon l’expression du philosophe contemporain Francis Ewald. De ce fait, on ne prête guère importance à la réalité sociale qui nous entoure que dans le cas où la conscience du danger nous inflige un risque menaçant.

Cet article est consacré à l’analyse du concept de violence et à quelques notions satellites qui gravitent autour de lui : force, puissance, agression, terrorisme, etc., en vue de relever les difficultés qui entraveraient l’édification d’une définition objective et acceptée par tous.

Il y a diverses perspectives dans lesquelles il y a possibilité de placer la violence (philosophie politique, anthropologie, science politique, sociobiologie, psychanalyse, sociologie et dernièrement le champ des relations internationales). L’analyse consiste à approfondir les représentations de la violence. Deux contraintes se présentent d’emblée à l’esprit : de quel objet faut-il parler et comment ? Et à l’aide de quel outillage théorique faut-il l’analyser ?


Mots-clés


violence, violence politique, terrorisme, philosophie politique, anthropologie, psychologie, sociobiologie, sociologie.

Texte intégral :

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