Le Façadisme à l’épreuve de la conservation du patrimoine récent au Maroc Exemple des villes de Rabat et de Casablanca
Résumé
Le façadisme, cette pratique architecturale qui s’est établie en Europe durant les années 1970-1980, a fait son entrée au Maroc début des années 2000, comme un procédé de rétention de façades historiques, des parois extérieures des bâtiments anciens, ou comme la création de répliques de ces façades avec des édifications nouvelles ayant un caractère contemporain à leurs intérieurs.
La façade, l’une des composantes majeures d’un édifice, joue un rôle d’interface avec le monde extérieur en véhiculant plusieurs types de messages, qu’ils soient implicites, explicites ou symboliques, offrant ainsi un continuum linéaire de la rue. L’attachement populaire à cet héritage urbain rend le patrimoine difficile à démolir et résiste tant bien que mal à ce désir de réexploiter son foncier rare.
Le fondement théorique comporte un essai de préservation de l’image historique en sauvegardant systématiquement les façades de bâtiments anciens d’une valeur patrimoniale situés généralement dans des espaces urbains de qualité. Considéré alors, comme un élément de discrédit, le façadisme, est souvent évoqué de manière inconsidéré dans le cadre conceptuel actuel. L’objectif avancé de cette pratique est d'accroître la densité de l’environnement urbain tout en respectant la conservation patrimoniale bâtie.
De même, il est essentiel de soulever que l’usage du façadisme résulte aussi d’un compromis de facteur intrus à la sauvegarde du patrimoine : spéculation immobilière, force du marché, densification urbaine, législation, norme et compétences des praticiens. Il est alors considéré par quelques experts comme une garantie d’une sauvegarde “faciale” du paysage urbain. Il nuit même aux efforts consentis pendant plusieurs années au principe d’une architecture innovante et créative qui engendre néanmoins la perte irréversible, notamment, d’informations historiques.
Mots-clés
Texte intégral :
PDFDOI: https://doi.org/10.48399/IMIST.PRSM/amjau-v3i2.29337