PROFIL ELECTRO-CLINIQUE ET NEURORADIOLOGIQUE DES EPILEPSIES NON GENETIQUES DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENT, NOUVELLEMENT DIAGNOSTIQUEES, DANS UN PAYS OUEST AFRICAIN : ETUDE TRANS VERSALE DE 115 CAS A OUAGADOUGOU (BURKINA FASO)
Résumé
INTRODUCTION : En Afrique sub saharienne, l’épilepsie est fréquente et concerne principalement les enfants avant l’âge de 15 ans. Les données sur les épilepsies de l’enfant y sont parcellaires, mais une prévalence élevée des épilepsies non génétiques est fréquemment rapportée. Les appareils d’EEG, de TDM et d’IRM y sont rares. Le but de cette étude était de décrire le profil électroclinique et neuroradiologique des épilepsies non génétiques de l’enfant et de l’adolescent à Ouagadougou, au Burkina Faso.
PATIENTS ET METHODES : Il s’agissait d’une étude transversale, descriptive, multicentrique, du 01/01/2016 au 31/12/2016, ayant concerné les patients d’âge compris entre 0 et 18 ans, épileptiques, nouvellement diagnostiqués, en consultation externe de neurologie dans la ville de Ouagadougou. Chaque patient inclus dans l’étude devait avoir eu un EEG et une TDM et/ou IRM cérébrale et réunir les arguments anamnestiques et électro cliniques en faveur d’une épilepsie non génétique. Les données sociodémographiques, cliniques, EEG et neuroradiologiques ont été analysées. Une analyse bivariée a permis de déterminer les caractéristiques électro cliniques et neuro radiologiques associées à chaque tranche d’âge.
RESULTATS : En tout 115 patients ont été colligés, avec une moyenne d’âge de début à 8,2 ans, une prédominance masculine avec un sex-ratio à 1,67. Les FR d’épilepsie étaient présents chez 74,8% ; ils étaient dominés par les évènements périnataux dans 79,1%. Les crises focales, la périodicité quotidienne de ces crises et l’épilepsie focale, étaient prédominantes, respectivement dans 53% , 58% et 60,9% des cas. Le déficit moteur focalisé et le retard psychomoteur avec 28,7% des cas chacun, étaient les principaux signes cliniques associés. La TDM et l’IRM encéphalique, réalisées respectivement chez 90,4% et 9,6% des patients, ont diagnostiqué des anomalies épileptogènes dans 62,6%. Les atrophies cortico-sous-corticales isolées ou associées aux autres anomalies (47,8%), les hypodensités circonscrites (15,6%) et les cavités porencéphaliques (10,3%), étaient les anomalies neuroradiologiques les plus fréquemment rencontrées.
CONCLUSION : certaines anomalies structurales épileptogènes, propres à l’enfant, qui ne sont détectées que par l’IRM, sont probablement sous diagnostiquées dans notre contexte de travail. Une disponibilité et une accessibilité plus accrues de l’IRM cérébrale, permettraient une meilleure caractérisation électro radio clinique et une meilleure prise en charge des épilepsies non génétiques de l’enfant en Afrique sub saharienne.