Epilepsie à pointes centro-temporales: 105 patients suivis au service de Neurologie de Dakar (Sénégal)

Modji Basse Anna, Moustapha Ndiaye, Dieynaba Sow Adjaratou, Moustapha Sarr Mamadou, Bouna Seck Lala, Soda Sène Marième, Kamadore Touré, Side Diagne Ngor, Lemine Dadah Samy Mohamed, Gallo Diop Amadou, Mansour Ndiaye Mouhamadou

Résumé


Introduction : L’épilepsie à pointes centro-temporales représente 28,14% des épilepsies idiopathiques de l’enfant au Sénégal. L’objectif de ce travail était de décrire les manifestations cliniques, paracliniques, et évolutives de l’EPCT dans une cohorte d’enfants sénégalais.

Patients et méthodes : Nous avons mené une étude rétrospective entre Mai 2003 et Décembre 2011, portant sur des enfants suivis pour une épilepsie à pointes centro-temporales dans le service de Neurologie du Centre Hospitalier Universitaire de Fann.

Résultats : 105 patients ont été colligés, 69 garçons (65,7%) et 36 filles (34,3%) dont l’âge moyen était de 5,83 ± 2,83 ans. Une épilepsie familiale et une consanguinité parentale étaient retrouvées respectivement chez 36,2% et 14,3% des patients. L’âge moyen de début des crises était de 55 mois. Pour 48,6% des enfants, les crises étaient décrites comme partielles motrices alors que pour les autres enfants (51,4%), les crises étaient décrites comme généralisées tonico-cloniques. Les crises survenaient exclusivement pendant le sommeil chez 55,3% des patients, pendant l’éveil chez 39% des enfants. On notait une hyperactivité avec troubles attentionnels (3,8%), des troubles mnésiques (2,9%) et un retard du langage (0,1%) mais pour 97 enfants (92,38%) l’examen neurologique était normal. L’éléctroencéphalogramme mettait en évidence un foyer de pointes centro-temporales unilatéral (61%) ou bilatéral (39%) et le sommeil était activateur chez 87 enfants (82,85%) avec diffusion importante des anomalies suscitées. Quatre vingt douze enfants (87,6%) étaient sous monothérapie contre 13 autres (12,4%) sous bithérapie 21 patients (20%) avaient été perdus de vue et pour 20 autres patients, le recul n’était pas suffisant. 64 enfants (61%) avaient été régulièrement suivis avec une durée moyenne de 33 mois et parmi eux, 55 enfants (85,93%) ne faisaient plus de crises et avaient arrêté leur traitement. 19,6% des enfants scolarisés présentaient des difficultés d’apprentissage.

Conclusion : L’épilepsie à pointes centro-temporales est considérée comme bénigne mais une plus grande attention devrait être accordée aux formes qui débutent précocement et à leur évolution qui semble moins bénin.


Mots-clés


Epilepsie- Pointes centro-temporales- Sénégal.

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ISSN Print : 2550-4215