Epilepsie et shizophrénie: association ou antagonisme?
Résumé
Les relations entre épilepsie et psychoses ont été le sujet de nombreuses discussions et controverses. En 1934, von Meduna proposa le camphre pour induire des crises convulsives dans le traitement de la schizophrénie et conclut qu’il y avait un antagonisme biologique entre l’épilepsie et la schizophrénie. Cependant, une association entre épilepsie et psychoses a été évoquée au début du siècle mais avec de considérables incertitudes. A partir des années 1950, de nombreux travaux ont été consacrés a à ce sujet. Les psychoses schizophréniformes de l’épilepsie (schizophrenia-like psychosis des auteurs anglo-saxons) se développeraient au bout de plusieurs années d’évolution d’une épilepsie temporale mal contrôlée. La prévalence s’échelonne de 0,74 % à 9,25 %.
Des différences culturelles et d’époque quant à la définition de la schizophrénie et de l’épilepsie temporale explique en partie la variabilité des résultats. Beaucoup d’études ont fait l’objet de biais méthodologiques en considérant l’épilepsie temporale comme un syndrome homogène décrit à l’époque comme épilepsie « psychomotrice » mais aussi en présélectionnant des populations de malades épileptiques graves consultant des centres spécialisés.
C’est ainsi que Slater et al. (1969) concluaient à une relation en trouvant une fréquence de survenue d’une psychose schizophréniforme supérieure à celle de la population générale. Le début des crises précédait le développement d’une psychose de plusieurs années. Les épilepsies temporales « psychomotrices » étaient surreprésentées. Slater et al. (1963) avaient remarqué que si tous leurs patients avaient présenté à un moment ou à un autre, un des signes cardinaux de la schizophrénie, leur tableau ne correspondait pas à une vraie schizophrénie. Une histoire familiale de schizophrénie et une personnalité schizoïde prémorbide étaient relativement rares dans leur population. Cette opinion que ces patients ne présentent pas une schizophrénie typique est partagée par d’autres auteurs. Inversement, la survenue de crises ou d’une épilepsie chez des patients schizophrènes n’a jamais été considérée comme un véritable problème. En utilisant des critères modernes de diagnostic de schizophrénie et d’épilepsie, Gélisse et al. (1999) ont confirmé que la prévalence de l’épilepsie et des crises symptomatiques aiguës étaient rares chez ces patients et ceux malgré l’utilisation de psychotropes. Dans cet article, nous discutons les relations entre épilepsie et schizophrénie.
Nous émettons l’hypothèse qu’il y a un antagonisme entre les crises d’épilepsie et la schizophrénie. Cependant, il y a un lien entre une épilepsie pharmacorésistante évoluant depuis de nombreuses années et une psychose shizophréniforme intercritique, ainsi schizophrénie (shizophrénie like-psychosis) et épilepsie peuvent être associées.
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PDF (English)ISSN Print : 2550-4215